Hadiths
Le Messager d'Allah (paix et bénédictions soient sur lui) a dit : "Lorsque l'être humain meurt, ses actions cessent sauf trois : une aumône continue, une connaissance utile, ou un enfant pieu
La Croyance Islamique Le monothéisme en Islam 1099 2026-08-23

Le shirk dans l’adoration et sa relation avec l’unicité de la Seigneurie

Question
Adorer un autre qu’Allah constitue-t-il du shirk même si la personne ne croit pas que l’être adoré crée, accorde la subsistance ou possède une quelconque caractéristique de la Seigneurie ?
Réponse

Louange à Allah, et que la paix et les bénédictions soient sur le Messager d’Allah. Ceci dit :

Le Tawhid al-Uluhiyyah (l’unicité dans l’adoration) signifie consacrer exclusivement toute adoration à Allah. Par conséquent, vouer un acte d’adoration à un autre qu’Allah constitue du shirk. Pour qu’un acte soit considéré comme du shirk, il n’est pas nécessaire que l’adorateur croie que l’être adoré en dehors d’Allah crée, accorde la subsistance ou dirige l’univers.

Allah dit :

« Quiconque espère rencontrer son Seigneur, qu’il accomplisse de bonnes œuvres et qu’il n’associe personne dans l’adoration de son Seigneur. »

[Al-Kahf 18:110]

Et Il dit :

« Dis : “En vérité, ma prière, mon sacrifice, ma vie et ma mort appartiennent à Allah, Seigneur des mondes. Il n’a aucun associé.” »

[Al-An‘am 6:162-163]

Ces textes ordonnent de vouer sincèrement l’adoration à Allah et ne conditionnent pas le shirk dans l’adoration à la croyance qu’un autre être adoré possède certaines caractéristiques de la Seigneurie.

Les polythéistes croyaient-ils que leurs idoles créaient et accordaient la subsistance ?

Tous les polythéistes ne croyaient pas que leurs objets d’adoration possédaient indépendamment le pouvoir de créer, de posséder et de gouverner. Certains reconnaissaient qu’Allah était le véritable Maître, tout en vouant néanmoins des actes d’adoration à d’autres que Lui.

Allah dit au sujet des polythéistes :

« Ils adorent en dehors d’Allah ce qui ne peut ni leur nuire ni leur profiter, et ils disent : “Ceux-ci sont nos intercesseurs auprès d’Allah.” »

[Yunus 10:18]

Et Il dit :

« Quant à ceux qui prennent des protecteurs en dehors de Lui, ils disent : “Nous ne les adorons que pour qu’ils nous rapprochent davantage d’Allah.” »

[Az-Zumar 39:3]

L’une des formes de leur shirk consistait donc à adorer d’autres qu’Allah afin de rechercher leur intercession ou de se rapprocher d’Allah. Cela n’impliquait pas nécessairement qu’ils croyaient que ces êtres partageaient la souveraineté d’Allah.

Le Coran rapporte également que le peuple d’Abraham adorait des idoles. Lorsqu’Abraham عليه السلام leur demanda si ces idoles pouvaient les entendre, leur être utiles ou leur nuire, ils ne leur attribuèrent pas ces capacités. Ils invoquèrent plutôt le fait qu’ils suivaient leurs ancêtres.

Quelle est la relation entre le shirk dans l’adoration et le shirk dans la Seigneurie ?

L’existence d’un lien entre le Tawhid al-Uluhiyyah et le Tawhid ar-Rububiyyah ne signifie pas que toute personne qui tombe dans le shirk dans l’adoration doit nécessairement croire que l’être qu’elle adore possède une part de la Seigneurie.

Celui qui voue une adoration à un autre qu’Allah porte atteinte au droit exclusif d’Allah à l’adoration et à la glorification, même s’il ne croit pas que cet être crée, accorde la subsistance ou gouverne l’univers.

Conclusion

Adorer un autre qu’Allah constitue en soi du shirk dans l’adoration, et il n’est pas nécessaire que cela s’accompagne de la croyance que l’être adoré possède des attributs de Seigneurie ou contrôle indépendamment le bien et le mal.

C’est pourquoi le Coran a qualifié les polythéistes de personnes commettant le shirk, bien que certains d’entre eux reconnaissaient qu’Allah était le Créateur et le Maître. Ils adoraient d’autres que Lui afin qu’ils soient des intermédiaires ou des intercesseurs auprès d’Allah.

Le principe fondamental apporté par tous les Messagers est de vouer exclusivement à Allah toutes les formes d’adoration et de n’en consacrer aucune à un autre que Lui.

Et Allah sait mieux.