Louange à Allah, et que la paix et les bénédictions soient sur le Messager d’Allah.
Demander au Prophète ﷺ de faire une invocation ou de demander pardon pour une personne après sa mort ne constitue pas, en soi, du shirk si l’intention est qu’il invoque Allah en faveur de cette personne. Cependant, cet acte n’est pas prescrit et constitue une innovation (bid‘ah) que les Compagnons, qu’Allah les agrée, ne pratiquaient pas.
Du vivant du Prophète ﷺ, les Compagnons lui demandaient d’invoquer Allah et de demander pardon pour eux. Mais après sa mort, ils ne se rendaient pas auprès de sa tombe pour lui dire : « Invoque Allah pour nous » ou « Demande pardon pour nous ».
L’une des preuves les plus claires est que, lorsque les musulmans furent touchés par la sécheresse à l’époque de ‘Umar ibn al-Khattab, qu’Allah l’agrée, ils ne se rendirent pas à la tombe du Prophète ﷺ pour lui demander d’invoquer Allah en leur faveur. ‘Umar demanda plutôt à al-‘Abbas, qu’Allah l’agrée, d’invoquer Allah pour eux, en disant :
« Ô Allah, nous Te demandions autrefois la pluie par l’intermédiaire de notre Prophète et Tu nous accordais la pluie. Maintenant, nous Te la demandons par l’intermédiaire de l’oncle de notre Prophète ; accorde-nous donc la pluie. »
[Rapporté par al-Bukhari]
Si demander au Prophète ﷺ d’invoquer Allah après sa mort avait été prescrit, les Compagnons auraient été les premiers à le faire.
Si quelqu’un dit : « Ô Messager d’Allah, demande pardon pour moi », en voulant dire que le Prophète ﷺ demande à Allah de lui pardonner, il lui demande alors d’invoquer Allah après sa mort. Cet acte est une innovation et n’est pas prescrit, mais il ne constitue pas, en soi, du shirk.
En revanche, vouer un acte d’adoration à autre qu’Allah, ou invoquer une créature dans une chose que seul Allah peut accomplir en tant qu’acte d’adoration, est une autre question qui possède son propre jugement.
Ce qui est prescrit est que le musulman adresse ses salutations de paix au Prophète ﷺ, puis dirige ses invocations et ses demandes de pardon directement vers Allah, le Très-Haut.
Allah dit :
« Et lorsque Mes serviteurs t’interrogent sur Moi, alors Je suis tout proche. Je réponds à l’appel de celui qui M’invoque lorsqu’il M’invoque. »
[Al-Baqarah 2:186]
Celui qui, auparavant, a demandé au Prophète ﷺ de solliciter le pardon pour lui après sa mort doit donc cesser de le faire après avoir pris connaissance du jugement et demander directement pardon à Allah.
Demander au Prophète ﷺ d’invoquer Allah après sa mort est une innovation que les Compagnons ne pratiquaient pas. Cela ne constitue pas, en soi, du shirk si l’intention est que le Prophète ﷺ invoque Allah en faveur de la personne. Ce qui est prescrit pour le musulman est d’adresser directement à Allah ses invocations et ses demandes de pardon.
Et Allah sait mieux.