Louange à Allah, et que la paix et les bénédictions soient sur le Messager d’Allah.
Si le hāʾ est prononcé d’une manière légère, il est considéré comme ayant été prononcé et cela n’est pas assimilé à sa suppression. Quant à sa suppression réelle, la fatwa distingue entre la parole courante et les invocations obligatoires : dans la conversation habituelle, cela peut être excusé lorsque cela relève de l’habitude de prononciation et n’implique aucun manque de respect, même s’il est préférable de prononcer le nom d’Allah dans son intégralité. En revanche, cette omission n’est pas considérée comme suffisante dans les adhkār obligatoires.
Quant au salām à la fin de la prière, celle-ci est valide selon la majorité des savants en disant « السلام عليكم », même si le hāʾ est omis dans « ورحمة الله ».
Le hāʾ peut être présent dans la prononciation tout en étant très léger, notamment lorsqu’on s’arrête à la fin d’une phrase, comme dans « ورحمة الله ». Cela est différent de sa suppression totale.
Celui qui prononce légèrement le hāʾ est considéré comme l’ayant prononcé. Le fait que son son ne soit pas très perceptible ne signifie pas qu’il a été supprimé. La fatwa indique que cela semble être le cas chez de nombreuses personnes parlant avec des dialectes populaires.
Elle s’appuie également sur les propos d’Ibn Qudāmah selon lesquels le fait d’adoucir la prononciation ou de ne pas articuler parfaitement un son, tant que cela ne modifie pas le sens, n’impose pas de refaire la prière, car la prononciation varie d’une personne à l’autre. Voir : Al-Mughnī (2/154).
Il est donc important de distinguer les deux situations avant de porter un jugement sur la prononciation :
Le hāʾ a-t-il été prononcé légèrement, ou n’a-t-il pas été prononcé du tout ?
Si le hāʾ est omis dans le langage courant, par exemple en disant :
« الحمد لله »,
« إن شاء الله »,
ou « لا والله »,
le jugement dépend de la manière dont l’expression est utilisée et de l’intention du locuteur.
Si cette omission est faite par mépris envers le nom d’Allah ou par manque de respect à son égard, elle est interdite, car elle constitue une déformation volontaire incompatible avec la vénération d’Allah, Exalté soit-Il.
En revanche, si elle résulte d’une habitude linguistique, sans exprimer de mépris ni de déformation intentionnelle, et qu’elle n’est pas considérée comme répréhensible par les personnes parlant ce dialecte, l’avis apparent de la fatwa est qu’elle est permise, bien qu’il soit préférable de prononcer complètement le nom d’Allah.
Al-Fayyūmī a dit, dans le contexte de l’attention portée à la prononciation du nom d’Allah :
« Le nom d’Allah, Exalté soit-Il, est trop sublime pour être prononcé autrement que de la plus belle manière. »
Voir : Al-Miṣbāḥ al-Munīr (1/19).
Al-Ṭaḥṭāwī a également dit, en expliquant la prononciation de la shahāda :
« Il convient de faire apparaître le hāʾ du nom divin. »
Voir son commentaire de Marāqī al-Falāḥ, p. 9.
La fatwa établit que l’omission du hāʾ n’est pas suffisante dans les adhkār obligatoires. Parmi les exemples :
Al-Ṭaḥṭāwī rapporte une divergence concernant la validité du takbīr d’ouverture, la licéité de l’animal sacrifié et la conclusion du serment lorsque certaines lettres du nom d’Allah sont omises. Il insiste néanmoins sur le fait qu’il ne faut pas les omettre par précaution. Voir son commentaire de Marāqī al-Falāḥ, p. 223.
La fatwa rapporte également d’Al-Labadī que le fait de ne pas articuler clairement le hāʾ du nom divin dans l’adhān affecte sa validité. Voir : Ḥāshiyat Nayl al-Maʾārib (1/47).
Ce jugement concerne l’omission réelle. Quant au hāʾ qui est présent mais prononcé faiblement, la distinction entre les deux situations a déjà été expliquée.
Les juristes ont divergé concernant la validité du serment lorsqu’une personne dit « والله » en omettant le hāʾ.
Certains ont estimé que le serment n’est pas conclu, car après l’omission, l’expression ne constitue plus le nom complet d’Allah.
D’autres ont envisagé que le serment soit valable si la personne avait l’intention de jurer et n’a omis le hāʾ que pour faciliter la prononciation.
Dans Al-Fawākih al-Dawānī, une exception est également mentionnée pour celui qui l’omet en raison d’une incapacité. La fatwa explique qu’il s’agit de celui dont l’habitude linguistique l’empêche de le prononcer correctement. Voir : Al-Fawākih al-Dawānī (1/630), et Ḥāshiyat al-Shibrāmlisī ʿalā Nihāyat al-Muḥtāj (8/178).
La question du serment comporte donc des détails et toutes les formes d’omission ne doivent pas être traitées de la même manière sans tenir compte de l’intention et de la capacité de prononcer.
Selon la majorité des savants, la formule minimale suffisante pour le salām est :
« السلام عليكم »
La prière est donc valide si le fidèle prononce cette formule, même s’il omet le hāʾ dans la partie supplémentaire :
« ورحمة الله »
L’Encyclopédie juridique koweïtienne indique que, selon les shāfiʿites et les hanbalites, le minimum suffisant est « السلام عليكم », tandis que la formule complète est « السلام عليكم ورحمة الله ». Elle mentionne également que, selon les hanafites, la formule suffisante est « السلام », tandis que la formule complète est une sunnah. Voir : Al-Mawsūʿah al-Fiqhiyyah al-Kuwaytiyyah (11/315).
Ainsi, le fait de ne pas faire clairement entendre le hāʾ dans cette partie supplémentaire n’implique pas l’invalidité de la prière, a fortiori lorsque le hāʾ est effectivement prononcé mais de façon légère.
Le hāʾ prononcé légèrement est considéré comme prononcé et n’est pas assimilé à un hāʾ supprimé.
Son omission dans la parole habituelle fait l’objet des précisions précédentes, tandis que la fatwa considère qu’elle n’est pas suffisante dans les adhkār obligatoires. Quant au salām à la fin de la prière, celle-ci est valide selon la majorité avec la formule « السلام عليكم ».
Il convient néanmoins de veiller à prononcer entièrement le nom d’Allah, sans se compliquer inutilement la prononciation.
Et Allah sait mieux.