Louange à Allah, et que la paix et les bénédictions soient sur le Messager d’Allah.
Il n’y a aucun mal à faire l’invocation mentionnée si l’intention est d’invoquer Allah تعالى par une expression qui Le désigne, comme dans la formule : « Ô Allah, ô Purificateur des cœurs de Tes serviteurs pieux, purifie nos cœurs ».
La permission de cette invocation n’implique pas qu’il faille considérer « le Purificateur » comme un nom indépendant parmi les plus beaux noms d’Allah. Invoquer Allah par une expression correcte qui Le désigne est différent du fait de considérer l’un de ses termes comme un nom établi d’Allah.
La fatwa permet d’invoquer Allah par une expression qui Le désigne dans le contexte de l’invocation. Elle donne comme exemple :
« Ô Allah, ô Purificateur des cœurs de Tes serviteurs pieux, purifie nos cœurs ».
L’objectif est de demander à Allah سبحانه de purifier les cœurs. Celui qui invoque s’adresse d’abord explicitement à Lui en disant « Ô Allah », puis formule la demande relative à la purification des cœurs.
Ainsi, cette invocation ne doit pas être interdite simplement parce que « le Purificateur » n’est pas établi comme un nom indépendant. Une formulation qui clarifie le sens recherché est :
« Ô Allah, ô Purificateur des cœurs de Tes serviteurs pieux, purifie nos cœurs ».
C’est dans ce sens qu’il faut comprendre les paroles de l’imam mentionnées dans la question, sans que cela signifie nécessairement qu’il ait voulu ajouter un nouveau nom aux plus beaux noms d’Allah.
La fatwa cite les invocations du Prophète صلى الله عليه وسلم :
« Ô Toi qui retournes les cœurs »,
et
« Ô Toi qui diriges les cœurs ».
Elle explique que « Celui qui retourne » et « Celui qui dirige » ne sont pas des noms d’Allah lorsqu’ils sont considérés isolément.
La formule complète de l’invocation possède un sens qui désigne Allah. Le fait qu’elle soit rapportée ne signifie donc pas que nous devons prendre un terme isolé de cette formule et en faire un nom indépendant.
Cette distinction permet de résoudre la difficulté : demander si une invocation déterminée est permise n’est pas la même chose que demander si chaque mot qu’elle contient est établi comme faisant partie des plus beaux noms d’Allah.
Il peut donc être permis d’invoquer Allah par une formule alors même que l’un de ses termes pris isolément n’est pas établi comme un nom.
Ibn Taymiyyah fut interrogé au sujet de celui qui affirme qu’il n’est permis d’invoquer Allah qu’avec les quatre-vingt-dix-neuf noms et qui interdit des expressions telles que : « Ô Guide des égarés ».
Il répondit que certains savants postérieurs, comme Ibn Hazm, avaient adopté cette opinion, mais que la majorité des savants la rejetait. Il précisa que la permission était la pratique des premières générations et de leurs imams, et que c’était, selon lui, l’opinion correcte.
Voir : Majmū‘ al-Fatāwā (22/481).
La fatwa adopte donc l’avis de la majorité sur cette question. Elle ne limite pas l’invocation à une liste de quatre-vingt-dix-neuf noms et ne considère pas non plus que la permission d’une invocation constitue automatiquement une preuve permettant d’établir un nouveau nom d’Allah.
Le Comité permanent fut interrogé au sujet de paroles prononcées lorsqu’une personne demande l’aide d’Allah ou Lui demande de faciliter une chose :
« Ô Auxiliaire, ô Seigneur »,
« Ô Celui qui facilite »,
et
« Ô Facilitateur, ô Seigneur ».
Il répondit que cela est permis, en expliquant que ce qui est visé par ces expressions dans l’appel est Allah سبحانه, puisque celui qui invoque dit explicitement : « Ô Seigneur ».
Sa réponse indique : « Il t’est permis de dire ce que tu as mentionné, car ce qui est visé par l’auxiliaire, celui qui facilite et le facilitateur dans ton invocation est Allah سبحانه وتعالى, puisque tu dis explicitement : “Ô Seigneur” à la fin de l’invocation. »
Voir : Fatāwā al-Lajnah ad-Dā’imah (1/160).
Cela est comparable à la parole de l’imam : « Ô Allah, ô Purificateur ». L’invocation d’Allah est explicite et l’objectif est de Lui demander سبحانه d’accomplir cette action.
Il convient donc de comprendre l’expression dans son ensemble et selon son contexte, sans isoler un terme de ce qui en précise le sens.
Il est permis d’invoquer Allah en disant :
« Ô Allah, ô Purificateur des cœurs de Tes serviteurs pieux, purifie nos cœurs »,
comme l’établit la fatwa.
Il s’agit d’une invocation utilisant une expression qui désigne Allah, et cela ne signifie pas établir « le Purificateur » comme un nom indépendant parmi Ses plus beaux noms.
Et Allah sait mieux.