Louange à Allah, et que la paix et les bénédictions soient sur le Messager d’Allah. Cela dit :
Le fait qu’aucun récit ne rapporte qu’Amr ibn al-As (qu’Allah l’agrée) ait détruit les statues pharaoniques peut s’expliquer par le fait qu’un grand nombre des monuments et statues que nous connaissons aujourd’hui n’étaient ni visibles ni connus des musulmans au moment de la conquête de l’Égypte. Beaucoup furent découverts à des époques ultérieures. De plus, les monuments encore présents mais qui n’étaient ni adorés ni vénérés comme des idoles étaient différents des idoles qui faisaient réellement l’objet d’un culte.
Au cours des siècles, de nombreuses antiquités égyptiennes furent ensevelies sous le sable et la terre. Ainsi, beaucoup de tombeaux, de statues et de monuments que nous voyons aujourd’hui n’étaient pas découverts comme ils le sont à l’époque moderne.
Il n’est donc pas juste de supposer que toutes les statues pharaoniques connues aujourd’hui étaient visibles aux musulmans lorsqu’ils entrèrent en Égypte et qu’ils décidèrent volontairement de les laisser intactes.
Le principe essentiel à comprendre est qu’une idole adorée en dehors d’Allah et constituant une manifestation du polythéisme n’est pas comparable à un bâtiment ou à un monument historique que les gens ne prennent pas comme objet d’adoration.
C’est pourquoi le Prophète Muhammad ﷺ détruisit les idoles que les polythéistes adoraient et vénéraient, notamment celles qui se trouvaient autour de la Kaaba et ailleurs.
Les pyramides, par exemple, existaient au moment de la conquête musulmane de l’Égypte, mais elles n’étaient alors pas des temples vers lesquels les gens dirigeaient des actes d’adoration en dehors d’Allah. De plus, leur destruction aurait nécessité des moyens et des efforts considérables.
L’existence d’une image ou d’une statue provenant d’une civilisation ancienne ne signifie pas nécessairement qu’elle continuait à être adorée ou qu’elle représentait une pratique religieuse encore vivante dans la société.
Il faut donc distinguer l’idole à laquelle des actes d’adoration sont effectivement consacrés des monuments historiques subsistants que les gens ne considèrent pas comme des divinités et auprès desquels ils ne pratiquent aucun culte polythéiste.
De même, porter un jugement sur un événement historique précis nécessite de connaître l’état de ces monuments à cette époque, leur visibilité et leur accessibilité, l’usage qui en était fait ainsi que la capacité des autorités à intervenir.
Beaucoup de statues et de monuments pharaoniques connus aujourd’hui n’étaient pas visibles lors de la conquête musulmane de l’Égypte et ne furent découverts qu’à des époques ultérieures. Quant à ceux qui existaient mais n’étaient pas adorés en dehors d’Allah, ils n’avaient pas nécessairement le même statut que les idoles prises pour des divinités et auxquelles des actes d’adoration étaient consacrés.
La conservation des monuments pharaoniques ne peut donc pas être utilisée comme preuve que les premiers musulmans approuvaient l’adoration des idoles. Il n’est pas non plus correct de considérer tous les monuments et toutes les statues anciennes de la même manière sans tenir compte de leur véritable nature et de leur utilisation.
Et Allah sait mieux.