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Le Messager d'Allah (paix et bénédictions soient sur lui) a dit : "Lorsque l'être humain meurt, ses actions cessent sauf trois : une aumône continue, une connaissance utile, ou un enfant pieu
La Croyance Islamique Les Noms et les Attributs d'Allah en Islam 991 2026-09-07

Le hadith « S’il vient à Moi en marchant, Je viens à lui rapidement » établit-il pour Allah un attribut de hâte ?

Question
Il est rapporté dans le hadith qudsi : « S’il vient à Moi en marchant, Je viens à lui rapidement. » Ce hadith indique-t-il qu’il faut affirmer pour Allah un attribut de hâte, ou signifie-t-il plutôt la rapidité de la grâce, de la miséricorde et de la récompense d’Allah envers Son serviteur ? Pourquoi les savants ont-ils divergé à ce sujet ?
Réponse

 

Louange à Allah, et que la paix et les bénédictions soient sur le Messager d’Allah. Ensuite :

Les savants ont divergé concernant la parole d’Allah dans le hadith qudsi : « S’il vient à Moi en marchant, Je viens à lui rapidement », selon deux avis connus. Certains affirment la hâte comme un attribut d’action d’Allah, d’une manière qui convient à Sa majesté. D’autres considèrent que le contexte du hadith indique qu’il s’agit de la rapidité avec laquelle Allah récompense Son serviteur par Sa grâce, Sa miséricorde et Sa récompense, et non de l’établissement d’un attribut indépendant appelé « la hâte ». La fatwa originale privilégie le second avis, car l’ensemble du hadith se situe dans le contexte d’une correspondance entre le rapprochement du serviteur par l’obéissance et l’accroissement de la grâce d’Allah envers lui.

Al-Bukhari et Muslim ont rapporté d’Abu Hurayrah (qu’Allah l’agrée) que le Prophète ﷺ a dit, rapportant de son Seigneur :

« Je suis selon l’opinion que Mon serviteur a de Moi, et Je suis avec lui lorsqu’il se souvient de Moi... S’il se rapproche de Moi d’un empan, Je Me rapproche de lui d’une coudée ; s’il se rapproche de Moi d’une coudée, Je Me rapproche de lui d’une brasse ; et s’il vient à Moi en marchant, Je viens à lui rapidement. »

Premier avis : il s’agit de la rapidité de la grâce et de la récompense d’Allah

Un certain nombre de savants ont considéré que ce hadith illustre l’immensité de la grâce et de la générosité d’Allah.

Lorsque le serviteur se rapproche d’Allah par une petite œuvre d’obéissance, Allah lui répond par une grâce bien plus grande. Et lorsque le serviteur augmente son obéissance, Allah augmente pour lui Sa miséricorde et Sa récompense.

Selon cette interprétation, la parole :

« S’il vient à Moi en marchant, Je viens à lui rapidement »

signifie que celui qui se tourne vers Allah par l’obéissance et l’adoration reçoit d’Allah une grâce, une miséricorde et une récompense plus grandes que ce que le serviteur lui-même a accompli.

Il est rapporté de Qatadah (qu’Allah lui fasse miséricorde), après avoir rapporté le hadith :

« Par Allah, Il est plus rapide dans le pardon. »

Al-Tirmidhi a rapporté d’al-A‘mash que le sens du hadith est que lorsque le serviteur se rapproche d’Allah par son obéissance, Allah se hâte vers lui par Son pardon et Sa miséricorde.

Ishaq ibn Rahawayh (qu’Allah lui fasse miséricorde) a dit :

« Celui qui se rapproche d’Allah d’un empan par les œuvres, Allah se rapproche de lui d’une brasse par la récompense. »

Ibn Qutaybah (qu’Allah lui fasse miséricorde) a dit :

« Celui qui vient à Moi rapidement par l’obéissance, Je viens à lui avec la récompense plus rapidement encore que sa venue. »

Pourquoi ces savants ont-ils compris le hadith de cette manière ?

Parce que le hadith lui-même commence par :

« Celui qui se rapproche de Moi d’un empan, Je Me rapproche de lui d’une coudée. »

Il est évident que le serviteur ne se rapproche pas littéralement d’Allah en déplaçant physiquement son corps d’un empan ou d’une coudée. Il se rapproche plutôt de Lui par la foi, la prière, le rappel, l’invocation, l’amour, la crainte, l’espérance et les autres actes d’obéissance.

Ainsi, puisque le rapprochement du serviteur mentionné dans le hadith ne désigne pas simplement une distance physique, ces savants ont considéré que la réponse correspondante devait elle aussi être comprise dans le contexte de la récompense et de la correspondance.

Shaykh al-Islam Ibn Taymiyyah a expliqué que le hadith se situe dans le contexte de la rétribution et que le rapprochement d’Allah envers Son serviteur est mentionné en réponse au rapprochement du serviteur envers Lui.

Deuxième avis : affirmer la hâte comme attribut d’Allah

Certains savants ont considéré que le hadith établit la hâte comme un attribut d’action d’Allah, sans ressemblance avec les créatures et sans chercher à en déterminer la modalité.

Parmi ceux qui ont explicitement adopté cet avis figurent le Shaykh Muhammad ibn Salih al-‘Uthaymin (qu’Allah lui fasse miséricorde) et le Comité permanent des recherches scientifiques et de la délivrance des fatwas.

Interrogé au sujet de cet attribut, le Comité permanent a répondu :

« Oui, l’attribut de la hâte est affirmé conformément à ce qui est rapporté dans le noble hadith qudsi, d’une manière qui Lui convient. »

Le Shaykh Ibn ‘Uthaymin (qu’Allah lui fasse miséricorde) a dit :

« L’attribut de la hâte est établi pour Allah comme cela est rapporté dans le hadith authentique... Cette hâte fait partie de Ses attributs d’action auxquels nous devons croire. »

Les tenants de cet avis s’appuient sur le principe selon lequel ce qui est rapporté dans les textes révélés doit être affirmé selon son sens apparent d’une manière qui convient à Allah, tout en niant toute ressemblance entre les attributs du Créateur et ceux des créatures.

Comment détermine-t-on le sens apparent d’un texte ?

Une règle importante veut que le sens apparent d’un mot ne soit pas déterminé uniquement à partir de sa signification linguistique prise isolément, mais en considérant le contexte dans lequel il apparaît.

Un même terme peut être utilisé avec un sens particulier dans un contexte et être compris différemment selon la construction et les indices qui l’accompagnent.

Ibn al-Qayyim (qu’Allah lui fasse miséricorde) a expliqué que le sens apparent d’un discours est celui qu’indiquent l’ensemble de sa construction et son contexte.

Ainsi, le terme « hâte » indique linguistiquement une forme de rapidité. Mais la question demeure : le hadith vise-t-il à établir cette action de manière indépendante, ou cherche-t-il à montrer la rapidité de la grâce et de la récompense d’Allah envers Son serviteur ?

C’est sur ce point que les savants ont divergé.

Pourquoi la fatwa privilégie-t-elle l’idée que le hadith n’établit pas un attribut indépendant ?

La fatwa originale considère que le contexte du hadith favorise le sens de rétribution et de grâce.

Le hadith dit :

« Celui qui se rapproche de Moi d’un empan, Je Me rapproche de lui d’une coudée ; celui qui se rapproche de Moi d’une coudée, Je Me rapproche de lui d’une brasse ; et celui qui vient à Moi en marchant, Je viens à lui rapidement. »

Les actes d’adoration par lesquels une personne se rapproche d’Allah ne se limitent pas à la marche ou au mouvement physique. Ils comprennent les actes du cœur tels que la crainte, l’amour, l’espérance et la confiance en Allah, ainsi que les actes de la langue tels que le rappel, l’invocation et la demande de pardon.

Ainsi, le sens du hadith est que plus le serviteur se rapproche d’Allah, plus Allah lui accorde une grâce, une miséricorde et une récompense importantes.

Cela constitue-t-il une interprétation figurée du texte ?

Selon cette interprétation privilégiée, non.

Il ne s’agit pas de détourner le hadith de son sens apparent par rejet de l’attribut ou par crainte de la ressemblance, mais de comprendre le hadith conformément à son contexte complet.

La langue arabe elle-même connaît des expressions semblables.

Le Prophète ﷺ a par exemple dit :

« Celui qui se sépare de la communauté d’un empan... »

Il ne s’agit pas de mesurer littéralement cette séparation avec une règle afin de vérifier qu’elle correspond exactement à un empan. Le sens est plutôt le moindre degré de séparation et d’éloignement de la communauté.

De même, le Prophète ﷺ a dit au sujet des troubles :

« Celui qui y reste assis est meilleur que celui qui se tient debout ; celui qui se tient debout est meilleur que celui qui marche ; et celui qui marche est meilleur que celui qui se précipite. »

Le but est de mettre en garde contre l’implication progressive dans les troubles, et non simplement de distinguer les positions physiques de la personne assise, debout ou en marche.

C’est donc le contexte qui détermine le sens voulu par ces expressions.

Le fait de ne pas affirmer la hâte est-il motivé par la crainte de comparer Allah aux créatures ?

Non.

La fatwa souligne que le fait de ne pas affirmer la hâte comme un attribut indépendant sur la base de ce hadith ne vient pas de l’idée que son affirmation conduirait nécessairement à une ressemblance.

Ahl as-Sunnah affirment pour Allah les attributs d’action établis par les preuves, tels que la venue et le fait de venir, d’une manière qui convient à Allah, sans ressemblance et sans chercher à en déterminer la modalité.

La question examinée ici est plutôt de savoir si ce hadith particulier vise à établir la hâte comme un attribut indépendant, ou si cette expression apparaît dans le contexte d’une illustration de la rapidité de la grâce d’Allah.

La fatwa privilégie la seconde interprétation.

Conclusion

Les savants ont divergé concernant la parole : « S’il vient à Moi en marchant, Je viens à lui rapidement », selon deux avis reconnus :

  • Certains affirment la hâte comme un attribut d’action d’Allah d’une manière qui convient à Sa majesté.
  • D’autres considèrent qu’il s’agit de la rapidité de la grâce, de la miséricorde et de la récompense d’Allah envers celui qui se tourne vers Lui par l’obéissance.

La fatwa originale privilégie l’avis selon lequel le hadith ne vise pas à établir un attribut indépendant appelé « la hâte ». Il signifie plutôt que celui qui se rapproche d’Allah par l’obéissance reçoit d’Allah une grâce, une récompense et une miséricorde plus grandes et plus rapides.

Cette préférence repose sur le contexte global du hadith, et non sur une négation des attributs d’Allah ni sur la crainte d’affirmer ceux qui sont authentiquement établis.

Et Allah sait mieux.