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La Croyance Islamique Les Noms et les Attributs d'Allah en Islam 566 2026-09-10

La différence entre les ashʿarites et les jahmites concernant le Coran et le jugement porté sur ceux qui soutiennent cette position

Question
Les ashʿarites et les kullābites sont-ils d’accord avec les jahmites pour dire que le Coran est créé ? Que signifie chez eux le kalām nafsī (« parole intérieure ») ? Et le fait d’être d’accord avec une personne sur certaines affirmations implique-t-il nécessairement de lui appliquer le même jugement ?
Réponse

 

Louange à Allah, et que la paix et les bénédictions soient sur le Messager d’Allah.

La fatwa explique que les ashʿarites rejoignent les jahmites en affirmant que les expressions verbales du Coran sont créées, mais qu’ils s’en distinguent en affirmant une parole éternelle subsistant dans l’Essence d’Allah, qu’ils appellent « kalām nafsī ». Leur accord est donc partiel et ne signifie pas que leurs doctrines soient identiques.

La fatwa distingue également le jugement porté sur une affirmation du jugement porté sur une personne déterminée. Elle mentionne l’excuse possible du savant qui commet une erreur par interprétation, ainsi que celle de l’ignorant qui suit autrui, et rappelle qu’une personne précise ne doit pas être déclarée mécréante avant que la preuve ne soit établie contre elle.

Que signifie le « kalām nafsī » chez les ashʿarites ?

Selon les citations présentées dans la fatwa, les ashʿarites distinguent entre le kalām nafsī et la parole exprimée par des mots.

Pour eux, le kalām nafsī est un attribut éternel subsistant dans l’Essence d’Allah. Quant aux mots qui sont lus et écrits, ils sont créés et indiquent cette parole éternelle.

Ainsi, décrire le kalām nafsī simplement comme des « pensées » ne rend pas exactement le sens visé dans les textes cités. Ceux-ci le décrivent comme un sens éternel subsistant dans l’Essence d’Allah, et non comme des pensées qui apparaissent successivement.

Al-Bājūrī a dit :

« Sache que la Parole d’Allah est employée pour désigner la parole intérieure ancienne, c’est-à-dire un attribut subsistant dans Son Essence, Exalté soit-Il. »

Il mentionna ensuite l’emploi du terme pour désigner la parole exprimée, en ce sens qu’Allah l’a créée.

Il expliqua que le Coran, au sens du kalām nafsī, est incréé selon leur doctrine, tandis que l’expression verbale récitée est créée. Cependant, ils ont interdit d’énoncer « le Coran est créé » en dehors du contexte pédagogique, par crainte que cette expression soit comprise comme englobant l’attribut subsistant dans l’Essence d’Allah.

Voir : Sharḥ al-Bājūrī ʿalā Jawharat al-Tawḥīd, p. 94–95.

Comment expliquent-ils les différences entre les Livres révélés ?

La fatwa cite ʿAbd al-Salām al-Laqānī affirmant que le kalām nafsī est un sens unique, indiqué par l’expression, l’écriture et les signes. Lorsqu’il est exprimé en arabe, il est le Coran ; en syriaque, l’Évangile ; et en hébreu, la Torah.

Voir : Sharḥ Jawharat al-Tawḥīd, p. 159.

La fatwa critique cette formulation et ne retient pas l’idée selon laquelle le Coran, la Torah et l’Évangile seraient simplement différentes expressions d’un seul sens indivisible.

Elle rapporte également, dans l’exposé de leur doctrine, différentes affirmations concernant les expressions révélées : qu’elles auraient été créées dans la Tablette préservée, ou que Jibrīl عليه السلام les aurait exprimées, ou que Muḥammad صلى الله عليه وسلم les aurait exprimées. Il s’agit de détails exposés par la fatwa dans sa discussion de la doctrine, et non de la position qu’elle privilégie.

Points d’accord et de divergence avec les jahmites

La fatwa indique que les jahmites affirment que le Coran est créé, sans distinguer entre un sens éternel et une expression verbale créée. Ils n’affirment pas l’attribut de la parole subsistant en Allah de la manière dont les ashʿarites l’affirment.

Les ashʿarites, quant à eux, affirment l’attribut de la parole, mais considèrent comme créées les expressions verbales révélées. C’est pourquoi il est question d’un accord sur certains aspects, et non d’une identité complète des doctrines.

Ibn Taymiyyah compara les ashʿarites aux muʿtazilites et expliqua qu’ils avaient raison d’établir que celui qui parle est celui en qui subsiste la parole, de même que celui qui sait est celui en qui subsiste la connaissance.

Cependant, il leur reprocha de séparer la Parole d’Allah du Coran révélé et de considérer les expressions révélées comme une narration ou une expression de cette Parole.

Il est rapporté qu’Ibn Kullāb employa le terme « ḥikāyah » (« narration »), tandis qu’al-Ashʿarī employa le terme « ʿibārah » (« expression »).

Voir : Al-Tisʿīniyyah, publiée dans Al-Fatāwā al-Kubrā (6/632).

La comparaison entre ces écoles nécessite donc d’exposer ces distinctions, et il n’est pas correct de réduire leurs doctrines à une seule affirmation sans précision.

La position adoptée par la fatwa

La fatwa adopte l’opinion selon laquelle le Coran révélé est la Parole incréée d’Allah et qu’Allah Lui-même l’a prononcé. Il ne s’agit pas d’une parole qu’Allah aurait créée dans une autre chose puis qu’Il Se serait attribuée.

Parmi les principes cités d’Ibn Taymiyyah :

« La parole est la parole de celui qui l’initie, et non celle de celui qui la transmet et la communique. »

Ainsi, Jibrīl عليه السلام a transmis le Coran au Prophète صلى الله عليه وسلم, et le Prophète l’a transmis à sa communauté. Le fait de transmettre la parole ne fait pas du transmetteur son auteur originel.

La fatwa rejette donc l’affirmation selon laquelle les expressions verbales du Coran seraient créées, tout en reconnaissant que l’affirmation ashʿarite de l’attribut de la parole distingue leur doctrine de celle des jahmites.

La différence entre le jugement sur une affirmation et le jugement sur une personne précise

La fatwa souligne que critiquer une affirmation théologique ne signifie pas nécessairement déclarer mécréant toute personne qui la soutient.

Une personne peut être un savant qui a commis une erreur à la suite d’une interprétation, ou un ignorant qui suit simplement autrui, et chacun peut avoir une excuse.

Ibn Taymiyyah a dit :

« Celui parmi les croyants qui s’efforce de rechercher la vérité et se trompe, Allah lui pardonne son erreur, quelle qu’elle soit, dans les questions théoriques comme dans les questions pratiques. »

Voir : Majmūʿ al-Fatāwā (23/346).

Il a expliqué que les preuves peuvent ne pas être parvenues à une personne, ne pas avoir été établies pour elle, ou qu’elle n’ait pas été capable de les comprendre, ou encore qu’elle ait rencontré des ambiguïtés pouvant constituer une excuse.

Il a également dit :

« On ne déclare pas mécréante une personne déterminée avant que la preuve ne soit établie contre elle. »

Voir : Majmūʿ al-Fatāwā (7/619).

Ainsi, un jugement général concernant une doctrine ne doit pas être automatiquement appliqué à une personne précise simplement en raison de son appartenance à une école théologique.

Conclusion

La fatwa considère que les ashʿarites rejoignent les jahmites concernant le caractère créé des expressions verbales du Coran, mais qu’ils s’en distinguent en affirmant le kalām nafsī éternel. L’accord est donc partiel.

Elle privilégie l’idée que le Coran révélé est la Parole incréée d’Allah, tout en distinguant la critique d’une affirmation du jugement porté sur celui qui la soutient, en tenant compte de l’interprétation, de l’ignorance et de l’établissement de la preuve.

Et Allah sait mieux.