Louange à Allah, et que la paix et les bénédictions d'Allah soient sur Son Messager.
L'abrogation (Naskh), c'est-à-dire le remplacement d'un jugement religieux antérieur par un jugement postérieur établi par une preuve révélée, est confirmée par le Coran, la Sunnah et le consensus (Ijmâ') des savants musulmans. Allah dit :
« Chaque fois que Nous abrogeons un verset ou le faisons oublier, Nous en apportons un meilleur ou un semblable. » (Coran 2:106)
Il dit également :
« Et lorsque Nous remplaçons un verset par un autre… » (Coran 16:101)
L'abrogation est également établie dans plusieurs dispositions de la législation islamique, comme l'allègement de l'obligation de rester ferme au combat, l'abrogation de l'obligation de donner une aumône avant de consulter le Prophète ﷺ en privé, ainsi que l'abrogation de l'interdiction de visiter les tombes. Ces textes, ainsi que d'autres, démontrent clairement que l'abrogation a bien eu lieu dans la législation islamique.
C'est pourquoi l'immense majorité des savants musulmans est unanime sur la validité et la réalité de l'abrogation. Les seules opinions contraires sont des avis isolés qui ne sont pas retenus. Certains savants ont expliqué que la divergence attribuée à Abou Muslim al-Isfahânî était davantage une divergence de formulation qu'une véritable divergence de fond, tandis que d'autres ont considéré son avis comme faible et contraire au consensus de la communauté musulmane.
Par conséquent, il n'est pas permis à un musulman de nier l'existence de l'abrogation dans les textes révélés une fois que les preuves lui ont été clairement établies, car une telle affirmation contredit les textes authentiques du Coran et de la Sunnah ainsi que le consensus établi des savants.
Toutefois, le jugement porté sur une parole est différent du jugement porté sur une personne en particulier. Bien que nier l'abrogation après que sa réalité a été clairement établie constitue une parole fausse, contraire à la Révélation et au consensus des musulmans, la personne qui tient ce propos n'est pas déclarée mécréante pour cette seule raison si elle est dans une erreur d'interprétation (ta'wîl), dans l'ignorance ou dans la confusion, tant que la preuve ne lui a pas été clairement établie et que les empêchements au jugement d'incroyance n'ont pas disparu. C'est pourquoi les savants de Ahl as-Sunnah ont affirmé que les musulmans qui tombent dans une erreur d'interprétation ne sont pas déclarés mécréants uniquement en raison de cette erreur, même si leur opinion est rejetée.
Il est donc nécessaire d'expliquer la fausseté de cette opinion et d'en mettre les gens en garde, tout en distinguant le jugement porté sur une idée qui contredit les textes révélés et le consensus du jugement porté sur la personne qui l'adopte, car ce dernier obéit à des règles religieuses bien établies par les savants.
Et Allah est le Plus Savant.