Louange à Allah, et que la paix et les bénédictions soient sur le Messager d'Allah.
Le principe fondamental établi par le Coran et la Sunna est que celui qui meurt d'une mort réelle et définitive ne revient plus à la vie de ce monde. Allah a fixé un terme pour chaque être humain et, lorsque ce terme arrive, la personne entre dans le Barzakh (la vie intermédiaire après la mort) et ne retourne pas dans ce monde avant le Jour de la Résurrection. Allah dit :
« Il est impossible qu'une cité que Nous avons fait périr revienne. » (Coran 21:95)
Et Il dit également :
« Allah ne retardera jamais le terme d'une âme lorsque son heure sera venue. » (Coran 63:11)
Ce principe est également confirmé par le hadith de 'Abdullah ibn 'Amr (qu'Allah l'agrée ainsi que son père). Il y est rapporté qu'Allah rendit la vie au père de Jabir ibn 'Abdullah (qu'Allah les agrée tous deux) après son martyre. Lorsqu'il souhaita retourner dans ce monde afin d'être de nouveau tué dans le sentier d'Allah, Allah l'informa que Son décret était déjà établi : personne ne revient à la vie terrestre après une véritable mort.
Quant aux récits qui circulent au sujet de personnes prétendument mortes puis revenues à la vie après quelques heures ou quelques jours, ils ne constituent pas une preuve qu'un mort soit réellement revenu à la vie. Dans beaucoup de ces cas, il s'agit simplement d'un arrêt temporaire de certains signes vitaux, ou bien les gens croient à tort que la personne est morte alors qu'elle n'a pas subi une mort biologique complète. Par la suite, cette personne reprend connaissance ou se rétablit. Les êtres humains ne peuvent affirmer avec certitude qu'une personne est réellement morte puis revenue à la vie dans ce monde. Au mieux, ces récits reposent sur des suppositions ou des affirmations non vérifiées.
Quant aux cas mentionnés dans le Coran où certains morts furent ramenés à la vie — comme les gens qu'Allah fit mourir puis revivre, l'homme qu'Allah fit mourir pendant cent ans, ou encore l'homme assassiné parmi les Enfants d'Israël —, il s'agit de miracles exceptionnels et de signes particuliers qu'Allah a accomplis pour des sagesses précises. Il n'est donc pas permis de les prendre comme modèle pour interpréter les événements ordinaires ou d'en faire une règle générale valable pour toutes les époques.
Concernant le livre « Ceux qui ont vécu après la mort » (Man 'Asha Ba'da al-Mawt) de l'imam Ibn Abi ad-Dunya, son titre peut donner l'impression que des morts sont revenus à la vie, mais la majeure partie de son contenu ne démontre pas cela. Beaucoup des récits rapportent des personnes qui ont parlé avant que leur mort ne soit complètement établie ou après un profond état d'inconscience. De plus, certaines narrations du livre possèdent une chaîne de transmission faible. Il était courant chez certains spécialistes du hadith de rassembler les narrations avec leurs chaînes de transmission sans nécessairement juger chacune d'elles comme authentique ou faible.
En résumé : Le principe général est que celui qui meurt d'une mort réelle et définitive ne revient pas à la vie terrestre. Les récits contemporains ne prouvent pas le contraire, et la plupart peuvent s'expliquer par un diagnostic erroné de la mort ou par des situations où la mort complète ne s'était pas réellement produite. Les cas de résurrection mentionnés dans le Coran étaient des miracles exceptionnels révélés par Allah et ne peuvent servir de référence pour juger les événements ordinaires.
Et Allah est Le Plus Savant.