Le Messager d'Allah (paix et bénédictions soient sur lui) a dit : "Lorsque l'être humain meurt, ses actions cessent sauf trois : une aumône continue, une connaissance utile, ou un enfant pieu
La Jurisprudence Islamique Les péchés majeurs, les péchés et les actes décons 358 2026-08-02
Le Jugement Islamique sur le Fait de Déclarer un Musulman Mécréant
Question
Quelle est l'authenticité du hadith : « Au contraire, celui qui lance cette accusation est plus digne d'être qualifié de polythéiste » ? Et est-il permis de déclarer un musulman mécréant ou de l'accuser de polythéisme avant que la preuve ne lui soit clairement établie ?
Réponse
Louange à Allah, et que la paix et les bénédictions soient sur le Messager d'Allah.
Le hadith mentionné est hasan (bon et authentique). Il a été rapporté par Ibn Hibban et d'autres, et a été jugé hasan par plusieurs savants, parmi lesquels le cheikh Al-Albani. Son sens est une mise en garde sévère contre le fait de s'empresser d'accuser les musulmans de mécréance (kufr) ou d'association (shirk) sans aucun droit.
Ce sens est confirmé par la parole du Prophète Muhammad ﷺ :
« Si un homme dit à son frère : "Ô mécréant !", alors cette accusation retombera sur l'un des deux. Si celui qui est accusé est réellement comme il l'a dit, alors cela est vrai ; sinon, l'accusation revient à celui qui l'a prononcée. »
Cela montre la gravité du fait de déclarer quelqu'un mécréant sans science ni preuve.
Cependant, cette menace ne s'applique pas à celui qui qualifie de mécréance ou de polythéisme un acte que la Charia a clairement établi comme étant de la mécréance ou du polythéisme sur la base de preuves authentiques. Elle concerne plutôt celui qui accuse injustement un musulman, ou sans preuve, d'être mécréant ou polythéiste. Celui qui dit à un musulman : « Tu es un mécréant » ou « Tu es un polythéiste », alors que cette personne est innocente de cette accusation, commet un très grand péché.
En revanche, si une personne prononce une parole ou accomplit un acte que la Charia qualifie de mécréance ou de polythéisme, il est permis — et même obligatoire — d'expliquer le jugement concernant l'acte lui-même, en disant par exemple : « Cet acte est du shirk » ou « Cette parole est du kufr », car expliquer les règles de la Charia est une obligation. Cela n'entre pas dans la menace mentionnée dans le hadith.
Quant au fait de déclarer une personne déterminée mécréante ou polythéiste, Ahl as-Sunnah wa al-Jamâ'ah ont établi des règles très précises. Un tel jugement n'est permis qu'après que les conditions du takfir soient réunies et que tous les empêchements reconnus par la Charia aient disparu. Parmi les conditions les plus importantes figurent :
Que la preuve islamique lui ait été clairement exposée.
Qu'elle sache que ses paroles ou ses actes contredisent les enseignements de l'Islam.
Qu'elle ne bénéficie pas d'une excuse valable, comme l'ignorance, une interprétation recevable (ta'wîl), la contrainte ou tout autre empêchement reconnu.
C'est pourquoi les savants ont distingué entre le jugement porté sur un acte et le jugement porté sur son auteur. Un acte peut constituer de la mécréance ou du polythéisme, sans que son auteur soit immédiatement déclaré mécréant, tant que la preuve ne lui a pas été clairement établie et que les empêchements reconnus n'ont pas disparu.
Ainsi, celui qui appelle les gens au Tawhid (l'Unicité d'Allah) et les met en garde contre des pratiques comme l'adoration des tombes ou le fait d'invoquer les morts peut expliquer, lorsque les preuves de la Charia le démontrent, que ces actes relèvent du shirk. En revanche, il ne doit pas se hâter de déclarer mécréantes des personnes en particulier avant que toutes les conditions religieuses ne soient réunies.
En résumé : Ce hadith est authentique dans son sens et constitue une sévère mise en garde contre le fait d'accuser les musulmans de mécréance ou de polythéisme sans droit. Lorsqu'un acte ou une parole est établi par la Charia comme relevant de la mécréance ou du polythéisme, il convient d'en expliquer le jugement. En revanche, déclarer une personne déterminée mécréante n'est permis qu'après l'établissement de la preuve religieuse, la réalisation des conditions du takfir et la disparition de tous les empêchements reconnus.